Ashwagandha interdit en France ? Ce qu’il faut savoir

Publié par :

François Martin

- Rédacteur spécialisé en

Santé

Mis Ă  jour le

16 septembre 2026

L’avis de l’Anses du 19 avril 2024 rapporte que la mise sur le marchĂ© français de complĂ©ments alimentaires contenant Withania somnifera, autrement appelĂ©e ashwagandha, a Ă©tĂ© acceptĂ©e. Ce constat ne permet donc pas de prĂ©senter cette plante comme gĂ©nĂ©ralement interdite en France. Il ne garantit pas non plus le statut actuel de toutes ses prĂ©parations : il concerne les complĂ©ments alimentaires, dans le contexte dĂ©crit Ă  cette date. [1]

Quant au rĂ©cit d’une interdiction en 2014 suivie d’une rĂ©autorisation en 2015, les Ă©lĂ©ments rapportĂ©s ne l’établissent pas. La confusion vient notamment de notions qu’il faut distinguer : l’absence d’une liste, les voies de commercialisation et l’évaluation des risques ne signifient pas la mĂȘme chose. Pour vous, la consĂ©quence est simple : ni le mot « interdit » ni la prĂ©sence d’un produit en boutique ne suffisent Ă  rĂ©pondre Ă  toutes les questions. [1]

Interdite en France ? Ce que permet de dire l’avis de 2024

Le repĂšre documentaire est l’avis officiel de l’Anses du 19 avril 2024 consacrĂ© aux risques liĂ©s aux prĂ©parations de Withania somnifera dans les complĂ©ments alimentaires. Il rapporte une commercialisation acceptĂ©e en France, en l’absence d’élĂ©ments robustes permettant de dĂ©montrer un risque sanitaire et d’identifier des conditions d’emploi garantissant la sĂ©curitĂ© du consommateur. Cette formulation mĂ©rite attention : elle dĂ©crit le contexte d’acceptation de la mise sur le marchĂ©, pas une dĂ©monstration d’innocuitĂ©. [1]

Il serait donc trompeur d’en tirer l’une de ces deux conclusions opposĂ©es : « toute l’ashwagandha est interdite » ou « tout produit qui en contient est autorisĂ© et sans danger ». Le constat porte sur une catĂ©gorie prĂ©cise, les complĂ©ments alimentaires. Il ne vaut pas validation de chaque rĂ©fĂ©rence commerciale, ni rĂ©ponse pour tous les usages possibles de la plante. De mĂȘme, l’absence de preuve d’une interdiction gĂ©nĂ©rale en 2014-2015 ne permet pas d’affirmer qu’aucune restriction n’a jamais existĂ©. [1]

Un repĂšre de vocabulaire vous aidera Ă  lire une Ă©tiquette : ashwagandha est le nom courant de la plante Ă©galement dĂ©signĂ©e par le nom botanique Withania somnifera. ReconnaĂźtre ce nom permet d’identifier l’ingrĂ©dient annoncĂ©. Cela ne renseigne pas, Ă  lui seul, sur la partie de plante employĂ©e, la prĂ©paration ou les autres ingrĂ©dients du complĂ©ment.

Pourquoi l’histoire d’une interdiction en 2014-2015 circule

Une succession de dates peut donner l’impression d’une histoire simple : une interdiction, puis une levĂ©e. Pourtant, les repĂšres rapportĂ©s par l’Anses en 2024 ne racontent pas cette chronologie. Ils dĂ©crivent des listes et des dĂ©marches de commercialisation diffĂ©rentes. Voici ce que chacun permet rĂ©ellement de comprendre, sans les prĂ©senter comme des actes rĂ©glementaires directement examinĂ©s ici. [1]

RepùreCe que rapporte l’AnsesCe que cela ne prouve pas
2014Withania somnifera ne figure pas dans l’annexe I de l’arrĂȘtĂ© « plantes ».Cette absence ne dĂ©montre pas, Ă  elle seule, une interdiction gĂ©nĂ©rale de la plante.
Janvier 2019La plante apparaĂźt dans la liste consolidĂ©e publiĂ©e par la DGCCRF, sans restrictions ni recommandations sanitaires particuliĂšres dans cette liste.Cette mention ne signifie pas qu’aucune autre obligation de commercialisation ne s’applique.
19 avril 2024L’avis rapporte que la mise sur le marchĂ© français de complĂ©ments alimentaires contenant cette plante a Ă©tĂ© acceptĂ©e.La date de l’avis n’est pas une date d’autorisation initiale et ne certifie pas le statut actuel de chaque produit.

[1]

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Tableau comparatif : Repùre ; Ce que rapporte l’Anses ; Ce que cela ne prouve pas

L’avis mentionne aussi des demandes formulĂ©es au titre de l’article 16 du dĂ©cret n°2006-352, selon le principe de reconnaissance mutuelle. En termes simples, cette voie permet de prendre en compte la commercialisation d’un produit dans un autre État membre pour une dĂ©marche de mise sur le marchĂ© en France. Le passage citĂ© confirme l’existence de telles demandes pour des complĂ©ments contenant Withania somnifera ; il ne les situe pas prĂ©cisĂ©ment en 2015 et ne dĂ©crit pas une levĂ©e d’interdiction cette annĂ©e-lĂ . [1]

Confondre « absente d’une liste » avec « interdite », puis « commercialisation acceptĂ©e » avec « rĂ©autorisĂ©e », peut donc expliquer certaines rĂ©ponses contradictoires. C’est une explication possible, pas l’origine historiquement dĂ©montrĂ©e de la rumeur. Si une page affirme une rĂ©autorisation en 2015, la question utile est de savoir quel acte officiel elle cite, pour quelle catĂ©gorie de produits et avec quelle portĂ©e. Une date isolĂ©e, mĂȘme rĂ©pĂ©tĂ©e sur plusieurs sites, ne remplit pas ce rĂŽle. [1]

Liste B, vente et avis sanitaire : trois questions différentes

Autre Ă©lĂ©ment qui peut surprendre : l’Anses rapporte que les racines de Withania somnifera sont inscrites Ă  la liste B des plantes mĂ©dicinales de la pharmacopĂ©e française. Cette liste recense les plantes mĂ©dicinales utilisĂ©es traditionnellement, en l’état ou sous forme de prĂ©paration, dont les effets indĂ©sirables potentiels sont supĂ©rieurs aux bĂ©nĂ©fices thĂ©rapeutiques attendus. Les mots comptent : le passage concerne les racines, Ă©voque des effets potentiels et compare ceux-ci Ă  des bĂ©nĂ©fices thĂ©rapeutiques. Ce classement mĂ©rite donc d’ĂȘtre pris au sĂ©rieux, mais il ne suffit pas Ă  Ă©tablir le rĂ©gime juridique de chaque complĂ©ment alimentaire. Il ne permet pas non plus de trancher, Ă  lui seul, toutes les rĂšgles de vente des plantes mĂ©dicinales. [1]

L’expertise sanitaire constitue encore un autre registre. Le 22 avril 2021, la DGCCRF a demandĂ© Ă  l’Anses d’évaluer les risques liĂ©s Ă  la consommation de prĂ©parations de cette plante dans les complĂ©ments alimentaires. C’est ce que signifie le terme « saisine » : une demande d’évaluation adressĂ©e Ă  l’agence. Une telle demande, comme l’avis qui en dĂ©coule, ne constitue pas en soi un acte d’interdiction. Dire que l’Anses a Ă©tudiĂ© les risques ne revient donc pas Ă  dire qu’elle a interdit le produit ; cela ne signifie pas davantage qu’elle l’a certifiĂ©. [1]

Pour lire correctement ces informations, sĂ©parez trois questions : un produit peut-il ĂȘtre commercialisĂ©, ses bienfaits sont-ils dĂ©montrĂ©s et son usage est-il sĂ»r ? Une rĂ©ponse Ă  la premiĂšre ne rĂšgle pas les deux autres. Le constat de commercialisation acceptĂ©e rapportĂ© en 2024 n’est ni une preuve d’efficacitĂ© ni une garantie d’innocuitĂ©. À l’inverse, l’existence d’une Ă©valuation sanitaire ne prouve pas une interdiction gĂ©nĂ©rale. C’est cette distinction qui permet de comprendre pourquoi des mentions apparemment contradictoires peuvent figurer dans un mĂȘme document. [1]

Des préoccupations sanitaires réelles, sans conclusions à inventer

Les interrogations sur les dangers de l’ashwagandha ne se rĂ©duisent pas Ă  une rumeur rĂ©glementaire. Dans son avis de 2024, l’Anses rapporte huit signalements d’effets indĂ©sirables susceptibles d’ĂȘtre liĂ©s Ă  des complĂ©ments alimentaires contenant Withania somnifera. Ce dĂ©compte couvre la pĂ©riode depuis la crĂ©ation du dispositif de nutrivigilance en 2009 jusqu’au bilan prĂ©sentĂ© dans l’avis : ce n’est pas un total actualisĂ©. [1]

Parmi ces huit dĂ©clarations, six ont fait l’objet d’une analyse d’imputabilitĂ©. DerriĂšre ce terme technique se trouve une question concrĂšte : dans quelle mesure le produit consommĂ© peut-il ĂȘtre liĂ© Ă  l’effet observĂ© ? Un signalement attire l’attention sur un lien possible ; il ne dĂ©montre pas automatiquement que le complĂ©ment est la cause de l’effet. Le nombre d’analyses rĂ©alisĂ©es ne donne pas non plus leur rĂ©sultat. [1]

Prenons la lecture du chiffre huit. On ne peut pas le traduire en pourcentage de consommateurs concernĂ©s, faute de connaĂźtre le nombre de personnes exposĂ©es et l’exhaustivitĂ© des dĂ©clarations. On ne peut donc pas conclure « le risque est rare » simplement parce que ce chiffre semble faible, ni qualifier sa frĂ©quence de forte. Ces signalements justifient une attention sanitaire, mais ce seul dĂ©compte ne renseigne ni sur la nature des effets ni sur leur gravitĂ©. [1]

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L’avis indique Ă©galement que, dans le contexte dĂ©crit en 2024, la DGCCRF recommandait de surveiller les teneurs en certaines familles de substances prĂ©sentes dans la plante, sans avoir dĂ©fini de doses journaliĂšres maximales pour celles-ci. Cette absence de maximum n’est pas un feu vert pour n’importe quelle quantitĂ©. Elle ne dĂ©montre pas non plus qu’aucune dose sĂ»re ne puisse exister. Elle ne fournit tout simplement pas un seuil utilisable pour valider la quantitĂ© proposĂ©e sur une Ă©tiquette. [1]

Que vĂ©rifier avant d’envisager d’en prendre ?

PlutĂŽt que de vous fier Ă  une formule comme « plante autorisĂ©e », regardez ce qui dĂ©crit rĂ©ellement le produit et ce qui Ă©taye les affirmations qui l’accompagnent. Ces vĂ©rifications servent Ă  mieux comprendre l’offre, pas Ă  certifier vous-mĂȘme sa conformitĂ© ou sa sĂ©curitĂ©.

  • Identifiez l’ingrĂ©dient annoncĂ© : recherchez le nom Withania somnifera, la partie de plante utilisĂ©e et la forme de prĂ©paration. Le seul nom « ashwagandha » ne dĂ©crit pas toute la composition.
  • Lisez la composition complĂšte et les avertissements de l’étiquette. Ne vous arrĂȘtez pas Ă  l’ingrĂ©dient mis en avant sur la face du flacon : les autres composants font aussi partie du produit que vous envisagez.
  • Devant les mentions « interdit », « rĂ©autorisĂ© » ou « validĂ© par l’Anses », cherchez une date, une catĂ©gorie de produits et un document officiel. Une rĂ©fĂ©rence vague Ă  une autoritĂ© ne remplace pas ces informations.
  • Ne prenez pas la mention « naturel » ou la disponibilitĂ© en ligne pour une preuve de sĂ©curitĂ©. Ces Ă©lĂ©ments ne rĂ©pondent pas Ă  la question de savoir si l’usage convient Ă  votre situation.
  • Si votre question concerne un traitement ou votre santĂ© personnelle, prĂ©sentez l’étiquette et la composition Ă  un mĂ©decin ou un pharmacien. Cela permet de discuter du produit prĂ©cis, sans attendre une garantie absolue d’absence de risque.

Le rĂ©cit d’une interdiction gĂ©nĂ©rale suivie d’une rĂ©autorisation n’est donc pas Ă©tabli par ces repĂšres. Et la commercialisation rapportĂ©e en 2024 ne dispense pas d’examiner la sĂ©curitĂ© d’usage du complĂ©ment envisagĂ©. [1]

Le bon rĂ©flexe consiste Ă  passer du nom de la plante au produit prĂ©cis : ce qu’il contient, ce que son Ă©tiquette indique et ce qui justifie les affirmations du vendeur. Vous disposerez ainsi d’informations plus utiles qu’un simple verdict « interdit » ou « autorisĂ© ».

Questions fréquentes

L’ashwagandha a-t-elle Ă©tĂ© rĂ©autorisĂ©e en France en 2015 ?

Cette chronologie n’est pas Ă©tablie par les Ă©lĂ©ments rapportĂ©s dans l’avis de l’Anses de 2024. Celui-ci indique l’absence de Withania somnifera dans l’annexe I de l’arrĂȘtĂ© de 2014, puis sa prĂ©sence dans la liste consolidĂ©e de janvier 2019. Il mentionne aussi des demandes de commercialisation par reconnaissance mutuelle, sans les dater de 2015. Aucun de ces constats ne prouve une levĂ©e d’interdiction cette annĂ©e-lĂ .

[1]

Un complément vendu en France est-il forcément sans danger ?

Non. La commercialisation et l’innocuitĂ© sont deux questions diffĂ©rentes, sans que cela signifie que tous les complĂ©ments sont dangereux. Pour l’ashwagandha, l’avis de 2024 rapporte une mise sur le marchĂ© acceptĂ©e, mais aussi huit signalements d’effets indĂ©sirables susceptibles d’ĂȘtre liĂ©s Ă  des complĂ©ments qui en contiennent. Ces dĂ©clarations ne prouvent pas, Ă  elles seules, un lien causal et ne permettent pas de calculer une frĂ©quence de risque.

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Peut-on prendre de l’ashwagandha avec un traitement pour la thyroïde ?

Les constats rĂ©glementaires prĂ©sentĂ©s ici ne rĂ©pondent pas Ă  cette question individuelle. Ils ne permettent ni de vous donner une autorisation de prise ni d’établir une contre-indication pour votre situation. Avant d’envisager ce complĂ©ment, prĂ©sentez votre traitement ainsi que l’étiquette et la composition complĂšte du produit Ă  un mĂ©decin ou un pharmacien. La disponibilitĂ© d’un complĂ©ment Ă  la vente ne suffit pas Ă  dĂ©terminer s’il convient avec votre traitement, que vous ne devez pas modifier sur la base de cet article.

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3 commentaires sur « Ashwagandha interdit en France ? Ce qu’il faut savoir »

  1. L’ashwagandha est intrigante ! Je ne savais pas qu’elle pouvait avoir des effets si puissants sur le corps et qu’elle Ă©tait sous surveillance. C’est un peu effrayant, mais ça fait partie de la nature. Je pense que c’est important de s’informer avant de consommer des produits comme ça. Ça me donne envie d’explorer d’autres plantes adaptogĂšnes aussi !

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  2. C’est intĂ©ressant de savoir que l’ashwagandha a connu ce parcours administratif. Je me demande si cela arrive souvent avec d’autres plantes ? Est-ce que certaines ont rĂ©ussi Ă  ĂȘtre reconnues comme sĂ»res, ou au contraire, ont Ă©tĂ© retirĂ©es du marchĂ© ?

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  3. Avez-vous remarquĂ© que le nom ‘ashwagandha’ est si sympa Ă  prononcer ? Ça me donne envie de l’utiliser juste pour le plaisir des mots. Par contre, j’avoue que je ne sais pas trop comment l’intĂ©grer dans ma routine quotidienne. Des idĂ©es ?

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